Sommaire
Il y a des soirs oĂą le football se moque des statistiques — et de ceux qui font des pronostics. La Turquie a Ă©crasĂ© l’Australie dans tous les domaines, sauf le seul qui compte : le tableau d’affichage. DĂ©faite 2-0 pour son entrĂ©e en lice, malgrĂ© 72 % de possession et 30 tirs. Une Ă©norme dĂ©ception pour les coĂ©quipiers d’Arda GĂĽler… et un sĂ©rieux camouflet pour votre serviteur, qui vous vantait cette Ă©quipe il y a 48 heures. On va en parler franchement, parce que c’est aussi ça, Foot Vertical.
Le match : quand la domination ne suffit pas
Sur le papier, c’Ă©tait un sens unique. La Turquie a posĂ© son jeu, monopolisĂ© le ballon (72 % de possession), multipliĂ© les tentatives — 30 tirs au total, contre 9 Ă l’Australie. GĂĽler orchestrait, les offensives s’enchaĂ®naient… et se fracassaient toutes sur le mĂŞme mur. Car en face, les Socceroos de Tony Popovic, largement annoncĂ©s perdants, avaient un plan limpide et l’ont exĂ©cutĂ© Ă la perfection : bloc bas, discipline de fer, et la dague en contre.
La sanction est tombĂ©e Ă la 27ᵉ, moins d’une minute après la pause-fraĂ®cheur : sur une contre-attaque Ă©clair, Nestory Irankunda a surgi et ajustĂ© une frappe basse alors qu’il Ă©tait pourtant pourchassĂ© par trois dĂ©fenseurs (1-0). Et oui — Irankunda, l’ailier supersonique que je vous prĂ©sentais justement comme l’une des pĂ©pites australiennes Ă suivre. SacrĂ© pied de nez. La Turquie a continuĂ© de pousser, en vain, jusqu’au coup de grâce : Ă la 75ᵉ, sur une rĂ©cupĂ©ration haute, Connor Metcalfe a dĂ©cochĂ© une frappe imparable Ă l’entrĂ©e de la surface (2-0). Game over.
Le héros du soir porte des gants : Patrick Beach, 22 ans, a sorti huit parades et tenu sa cage inviolée face au déluge turc. Les Socceroos signent là seulement leur cinquième victoire en Coupe du monde, et gâchent le retour de la Turquie au Mondial, 24 ans après sa dernière apparition.
Le focus : mon prono turc se prend un mur
Allez, jouons franc-jeu, parce que je dĂ©teste les chroniqueurs qui n’assument que leurs bons coups. Il y a deux jours, dans mon Ă©pisode pĂ©pites, j’Ă©crivais noir sur blanc que la Turquie possĂ©dait « le duo crĂ©atif le plus excitant du tournoi derrière l’Espagne », et je concluais d’un tonitruant : « l’Australie de Vancouver est prĂ©venue : la vague rouge arrive ».
Eh bien la vague est arrivĂ©e, l’Australie n’a pas eu peur, et c’est elle qui est repartie avec les trois points. La vĂ©ritĂ©, c’est que je me suis plantĂ© — Ă date. J’ai surĂ©valuĂ© la capacitĂ© de cette jeune gĂ©nĂ©ration turque Ă transformer son talent en efficacitĂ© dès le premier match d’un grand tournoi. La domination Ă©tait bien lĂ , conforme Ă ce que j’annonçais ; mais le foot ne rĂ©compense pas les intentions, il rĂ©compense les buts. Et lĂ , les Turcs ont butĂ© quatre-vingt-dix minutes sur un gardien de 22 ans et un bloc australien hĂ©roĂŻque.

J’avais Ă©crit que l’Australie Ă©tait prĂ©venue. Elle n’a pas eu peur — et c’est moi qui ai tort, Ă date. Le foot ne rĂ©compense pas les intentions, il rĂ©compense les buts.Cyssou, qui assume son prono ratĂ©
Cela dit — et ce n’est pas pour me rattraper aux branches — deux choses me consolent Ă moitiĂ©. La première : le niveau de jeu turc que je vantais Ă©tait bien rĂ©el. Ce n’est pas une Ă©quipe qui a Ă©tĂ© dominĂ©e, c’est une Ă©quipe qui a tout dominĂ© sauf la finition. Le problème est corrigeable ; la qualitĂ©, elle, ne s’invente pas. La seconde, plus savoureuse : le bourreau du soir, Nestory Irankunda, figurait lui aussi dans mes pĂ©pites… du cĂ´tĂ© australien. Mon radar Ă jeunes n’Ă©tait donc pas si mauvais — il s’est juste trompĂ© de maillot. Comme quoi, on n’a jamais complètement tort ni complètement raison.
Ce que ça dit pour la suite
Mon prono n’est pas mort, il est « mal embarquĂ© ». La Turquie reste une Ă©quipe largement supĂ©rieure Ă la plupart de ses adversaires de poule sur le papier — mais elle n’a plus le droit Ă l’erreur. Dans un groupe D oĂą l’Australie et les États-Unis ont fait le plein d’entrĂ©e, il faudra impĂ©rativement battre le Paraguay au prochain match pour relancer la machine. Si GĂĽler et les siens ajoutent enfin le rĂ©alisme Ă la maĂ®trise, ils peuvent encore tout changer. Quant Ă l’Australie, elle vient de rappeler une vieille loi des Coupes du monde : un plan de jeu clair et un gardien inspirĂ© valent parfois mieux que soixante-douze pour cent de possession. Leçon notĂ©e — pour eux comme pour moi.
Ă€ toi de jouer
J’ai eu tort de croire en cette Turquie, ou elle va se relancer dès le prochain match ? Et toi, tu y crois encore au rĂ©veil turc — ou l’Australie t’a convaincu ? Dis-moi (et chambre-moi) en commentaire.
📚 Sources
- Eurosport — la Turquie s’incline malgrĂ© sa domination (2-0)
- Foot Mercato — l’Australie fait sensation
- France 24 — l’Australie s’impose face Ă la Turquie
- Sky Sports — Socceroos make winning start (stats)
Jouer comporte des risques (endettement, dépendance, isolement). Interdit aux moins de 18 ans — 09 74 75 13 13.