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Nouvelle sĂ©rie sur Foot Vertical : chaque soir de cette première journĂ©e, je vous prĂ©sente les pĂ©pites du Mondial — tous nĂ©s en 2003 ou après, tous Ă surveiller dans les matchs de la soirĂ©e et de la nuit. Des noms que vous connaissez dĂ©jĂ , et d’autres dont vous me direz des nouvelles dans quinze jours. Les valeurs indiquĂ©es sont celles de Transfermarkt, relevĂ©es ce 12 juin.
Et déjà hier…
La sĂ©rie aurait pu s’ouvrir hier soir : Ă l’Azteca, le Mexique a alignĂ© Gilberto Mora, 17 ans, le prodige de Tijuana — la pĂ©pite numĂ©ro un du pays hĂ´te, dĂ©jĂ prĂ©cieuse en Gold Cup l’Ă©tĂ© dernier. On le retrouvera le 19 juin contre la CorĂ©e du Sud, et croyez-moi, on en reparlera. Dans la nuit, trois autres noms de ma liste Ă©taient Ă l’Ĺ“uvre : le dĂ©fenseur sud-africain Mbekezeli Mbokazi (20 ans, Orlando Pirates), et cĂ´tĂ© corĂ©en le dribbleur de Stoke Bae Jun-ho et le milieu germano-corĂ©en Jens Castrop, lancĂ©s dans la victoire renversante contre la TchĂ©quie.
21h00 · Canada – Bosnie-Herzégovine : le duel des invisibles
đź’Ž Esmir Bajraktarević — l’AmĂ©ricain qui a choisi le pays de ses parents
Son histoire, c’est exactement le genre de rĂ©cit pour lequel j’ai créé cette sĂ©rie. NĂ© dans le Wisconsin de parents bosniens qui avaient fui la guerre, formĂ© au New England Revolution, international amĂ©ricain dans toutes les catĂ©gories de jeunes… et au moment de choisir, Esmir a dit non aux États-Unis pour porter le maillot du pays de ses parents. Parti poursuivre sa formation aux Pays-Bas, ce gaucher fin, dribbleur entre les lignes, est devenu en quelques mois le visage de la nouvelle gĂ©nĂ©ration bosnienne aux cĂ´tĂ©s du vĂ©tĂ©ran DĹľeko — quarante ans, soit littĂ©ralement deux fois son âge, l’amplitude gĂ©nĂ©rationnelle la plus folle du tournoi. Et le destin a de l’humour : pour sa première Coupe du monde, le tirage l’envoie dĂ©fier… l’AmĂ©rique du Nord, Ă Toronto, Ă quelques heures de route de lĂ oĂą il a grandi. Si la Bosnie veut exister dans ce groupe B très ouvert, il lui faudra un exploit de son gamin prĂ©cieux. Les soirs comme ça, les gamins prĂ©cieux rĂ©pondent souvent prĂ©sent.
💎 Nathan Saliba — le moteur discret du Canada
Dans une Ă©quipe canadienne dont tout le monde ne regarde que les fusĂ©es — Alphonso Davies, Jonathan David —, Saliba est celui qui fait tourner la machine. FormĂ© au CF MontrĂ©al, parti se frotter Ă l’Europe du cĂ´tĂ© de la Belgique, c’est un milieu box-to-box Ă l’ancienne : du volume, de la projection, une frappe de loin qui mĂ©rite le dĂ©tour, et cette capacitĂ© rare Ă jouer simple quand le match s’emballe. Vous me connaissez : les mĂ©tronomes discrets, c’est ma faiblesse — je vous ai fait le coup avec Hwang In-beom il y a deux jours, et je rĂ©cidive sans honte. Ă€ 7,5 M€ sur Transfermarkt, c’est peut-ĂŞtre le meilleur rapport qualitĂ©-prix de ma liste. Le Canada joue Ă la maison, devant son public, le premier Mondial qu’il co-organise : si la MarĂ©e Rouge veut enfin gagner un match de Coupe du monde — oui, ce serait le premier de son histoire —, son gamin de MontrĂ©al aura son mot Ă dire ce soir.
Aussi Ă l’Ĺ“il : cĂ´tĂ© bosnien, le dĂ©fenseur central Tarik Muharemović (2003, 25 M€), patron de la ligne arrière passĂ© par la filière Juventus, et Kerim Alajbegović (2007, 22 M€), l’ado de Salzbourg qui grille les Ă©tapes — sans oublier l’attaquant Samed Bazdar (2004). CĂ´tĂ© canadien, gardez un Ĺ“il sur Luc de Fougerolles (2005), le central Ă©lĂ©gant formĂ© Ă Fulham.
03h00 · États-Unis – Paraguay : Enciso dans la fosse aux lions
💎 Julio Enciso — le talent qui refuse de se laisser briser
Souvenez-vous de ce missile en pleine lucarne contre Manchester City, en 2023 : l’Angleterre entière avait dĂ©couvert d’un coup le gamin de Brighton arrivĂ© du Paraguay. Puis les genoux ont lâchĂ©, une fois, deux fois, et la trajectoire qui devait ĂŞtre une ligne droite est devenue un chemin de montagne — des prĂŞts, des doutes, une reconstruction patiente jusqu’en Ligue 1, oĂą il a retrouvĂ© des jambes et de la confiance. Mais le talent, lui, n’a jamais bougĂ© : un meneur libre, audacieux, capable d’un geste que personne n’a vu venir, exactement le profil qui manquait Ă un Paraguay dĂ©fensivement irrĂ©prochable mais souvent stĂ©rile devant. Ă€ 22 ans, Enciso porte les espoirs de tout un pays qui retrouve la Coupe du monde après seize ans d’absence — et son premier test est colossal : les États-Unis chez eux, dans un SoFi Stadium plein Ă craquer. La Albirroja a l’habitude des combats. Elle a enfin un artiste pour les gagner.
Aussi Ă l’Ĺ“il : cĂ´tĂ© amĂ©ricain, le latĂ©ral d’Orlando Alex Freeman (2004) — fils d’une lĂ©gende de la NFL, Ă©levĂ© au football amĂ©ricain, converti au nĂ´tre — et le gardien Chris Brady (2004), l’un des meilleurs portiers de MLS, qui pousse fort derrière Matt Turner.
06h00 · Australie – Turquie : la nuit des Croissants dorés
RĂ©glez vos rĂ©veils ou programmez l’enregistreur : Ă 6h du matin, c’est le match le plus riche en pĂ©pites de toute la soirĂ©e. La Turquie aligne la gĂ©nĂ©ration la plus excitante de son histoire — trois joueurs de ma liste, trois profils diffĂ©rents, un mĂŞme âge ou presque.
💎 Arda Güler — le petit prince est devenu roi
On ne prĂ©sente plus le gaucher du Real Madrid, mais on mesure mal le chemin parcouru. Le gamin de Fenerbahçe arrivĂ© Ă Madrid Ă 18 ans a rongĂ© son frein, attendu son heure, encaissĂ© les blessures et les hiĂ©rarchies — puis il a pris le contrĂ´le du jeu madrilène, tout simplement. Cette saison, c’est lui qui donne le tempo : la patte gauche soyeuse, les coups francs travaillĂ©s, cette vision qui transforme un ballon banal en occasion franche. Ă€ l’Euro 2024, il avait illuminĂ© le tournoi dès son premier match avec une frappe enroulĂ©e restĂ©e dans toutes les tĂŞtes ; deux ans plus tard, il arrive en patron d’une sĂ©lection qui rĂŞve tout haut. La Turquie n’a jamais eu un numĂ©ro 10 de ce calibre Ă ce poste — et lui n’a que 21 ans. Si vous ne devez regarder qu’un seul joueur Ă 6h du matin, c’est lui.
đź’Ž Kenan Yıldız — l’hĂ©ritier du 10 de Del Piero
Je dois une confession : il n’Ă©tait pas dans ma liste de dĂ©part, et c’est impardonnable. NĂ© en Allemagne, formĂ© au Bayern, parti libre Ă la Juventus — un vol Ă l’Ă©talage dont Munich se mord encore les doigts —, Yıldız porte aujourd’hui le numĂ©ro 10 de la Juve. Pas n’importe quel 10 : celui de Del Piero, confiĂ© Ă un gamin de 20 ans, avec la bĂ©nĂ©diction publique de l’intĂ©ressĂ©. Sur le terrain, c’est un attaquant complet plus qu’un ailier : la conduite de balle veloutĂ©e, l’accĂ©lĂ©ration sèche, la frappe enroulĂ©e du droit, et une maturitĂ© dans les choix qui fait oublier son âge. Avec GĂĽler dans l’axe et Yıldız Ă gauche, la Turquie possède le duo crĂ©atif le plus excitant du tournoi derrière l’Espagne — deux gamins de 2005 nĂ©s Ă dix mois d’Ă©cart, qui se sont trouvĂ©s les yeux fermĂ©s. L’Australie de Vancouver est prĂ©venue : la vague rouge arrive.
💎 Can Uzun — le troisième homme
Dans l’ombre des deux stars, le troisième mousquetaire turc est peut-ĂŞtre le plus sous-cotĂ© des trois. Lui aussi nĂ© en Allemagne, lui aussi en 2005, Uzun a explosĂ© Ă l’Eintracht Francfort dans un rĂ´le de relayeur offensif : un sens du but de renard, des appels entre les lignes, et cette frappe de balle pure qui fait lever les tribunes de la Bundesliga. LĂ oĂą GĂĽler orchestre et Yıldız dĂ©borde, Uzun surgit — le profil parfait du troisième larron que les dĂ©fenses oublient parce qu’elles ont dĂ©jĂ deux incendies Ă Ă©teindre. Mon conseil de visionnage : quand la Turquie s’installe dans le camp australien, quittez le ballon des yeux et regardez les courses d’Uzun. C’est lĂ que le danger naĂ®t.
Aussi Ă l’Ĺ“il : l’attaquant de Porto Deniz GĂĽl (2004) complète l’armada turque. En face, l’Australie n’est pas en reste avec trois noms de ma liste : l’ailier supersonique Nestory Irankunda (2006), passĂ© par le Bayern, le crĂ©ateur italo-australien Cristian Volpato (2003), formĂ© Ă la Roma, et le central de Parme Alessandro Circati (2003), dĂ©jĂ taulier de sa sĂ©lection.
Ă€ toi de jouer
Lequel crève l’Ă©cran cette nuit : le duo GĂĽler-Yıldız, l’artiste Enciso, ou un invisible que personne n’attend ? Et dis-moi en commentaire quelle pĂ©pite manque encore Ă ma liste.
Demain soir, Ă©pisode 3 : Endrick avec le BrĂ©sil, le bijou lillois Ayyoub Bouaddi cĂ´tĂ© Maroc, le Suisse Johan Manzambi et l’Écossais Ben Doak. MĂŞme heure, mĂŞme endroit.
Valeurs marchandes : Transfermarkt, relevé du 12 juin 2026. Effectifs : listes officielles — voir notre page Sélections.