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On attendait de voir ce que la sélection américaine de Mauricio Pochettino avait dans le ventre à domicile. Réponse en quarante-cinq minutes : 3-0 à la pause, un Paraguay pulvérisé, et un message envoyé à tout le tournoi. Victoire 4-1 au SoFi Stadium, et au-delà du score, une manière de jouer qui m’a sauté aux yeux — la verticalité. Les États-Unis n’ont pas patiemment construit : ils ont attaqué la profondeur, encore et encore, jusqu’à faire craquer une défense paraguayenne incapable de suivre le rythme.
Le match : une première période de rêve
Il aura suffi de sept minutes pour donner le ton. Sous la pression américaine, le malheureux Damian Bobadilla a trompé son propre gardien (1-0, 7ᵉ) — un cadeau, mais le fruit d’une intensité d’entrée qui n’a jamais faibli. Le SoFi Stadium avait à peine fini de rugir que la machine américaine s’emballait déjà. Et au bout de cette mécanique, un homme : Folarin Balogun. L’attaquant de Monaco a doublé la mise d’une finition propre (31ᵉ), avant de s’offrir le break juste avant la pause (45ᵉ+5). Doublé, 3-0, et une statistique folle : Balogun devient le premier Américain à inscrire deux buts dans un même match de Coupe du monde depuis… 1930, la toute première édition.
La seconde période a été une formalité gérée. Le Paraguay a sauvé l’honneur à la 73ᵉ par Mauricio, idéalement servi par Julio Enciso — oui, la pépite que je vous annonçais « dans la fosse aux lions » à SoFi : seul, il a au moins existé. Mais les États-Unis avaient le dernier mot : dans le temps additionnel, Giovanni Reyna a conclu d’un subtil extérieur du pied (90ᵉ+8) pour sceller un 4-1 sans appel. Quatre buts, zéro doute.
Le focus : la leçon de verticalité de Pochettino
C’est ça qui m’a marqué hier soir, bien plus que le score : la manière. On a longtemps reproché au football américain d’être athlétique mais scolaire, vaillant mais prévisible. Cette équipe-là, façonnée par Mauricio Pochettino, joue à l’envers de ce cliché. Dès la récupération, le premier regard est vers l’avant. Pas de possession stérile pour rassurer : un jeu direct, vertical, tranchant, qui cherche systématiquement à casser les lignes et à attaquer l’espace dans le dos de la défense adverse.
Le Paraguay, bloc traditionnellement solide mais lent à reculer, a été la victime parfaite de ce plan. À chaque transition, les Américains envoyaient un, deux, trois joueurs dans la profondeur — et la charnière paraguayenne, prise de vitesse, n’a jamais trouvé la parade. Sur le flanc gauche, Christian Pulisic a été un poison absolu : c’est lui, en prenant la profondeur derrière son défenseur, qui sert Balogun sur l’ouverture du score « réelle ». Le Milanais a réussi le plus de dribbles et créé le plus d’occasions de la première période — avant d’être tranquillement sorti à la pause, le travail fait. Devant, Balogun a parfaitement joué ce rôle d’épée : appels dans le dos, courses croisées, présence dans la surface au bon moment. Et au milieu, Weston McKennie a fait le lien entre la récupération et ces fameuses passes verticales qui ont fait si mal.

Pas de possession pour se rassurer : à chaque ballon récupéré, le premier regard est vers l’avant. Ce soir-là, le football américain a enfin eu un visage — celui de la verticalité.Cyssou, sur les États-Unis de Pochettino
Le résultat, c’est une équipe qui ne laisse jamais respirer l’adversaire et qui transforme la moindre récupération en danger immédiat. C’est exigeant — il faut du volume de courses, de la justesse technique à grande vitesse, et un collectif qui répète l’effort — mais quand ça fonctionne, c’est dévastateur. Hier, ça a fonctionné à plein régime pendant 45 minutes, et ça a suffi. Reste à confirmer face à des défenses plus rapides et mieux organisées que celle du Paraguay : c’est là qu’on jugera vraiment ce projet. Mais en termes de promesse de jeu, c’était la copie la plus séduisante de ce premier tour côté hôtes.
Ce que ça dit pour la suite
Trois points, quatre buts, un état d’esprit conquérant et une identité de jeu claire : les États-Unis ne pouvaient pas rêver meilleur lancement de leur Mondial à domicile. Dans le groupe D, ce succès les place idéalement aux côtés de l’Australie, qui a aussi gagné de son côté. Le vrai test viendra plus tard, contre des adversaires capables de gérer la profondeur et de leur renvoyer leur intensité. Mais une chose est sûre : si Pochettino parvient à faire jouer son équipe à ce rythme et avec cette verticalité pendant tout le tournoi, les Américains seront un client très désagréable pour tout le monde. Le pays hôte a posé un vrai marqueur.
À toi de jouer
Ce jeu vertical à l’américaine t’a convaincu, ou tu attends de les voir face à plus costaud ? Et jusqu’où peut aller ce Team USA à domicile ? Balance ton avis en commentaire.
📚 Sources
- franceinfo — les États-Unis coulent le Paraguay (4-1)
- 20 minutes — l’analyse : il faudra compter sur les États-Unis
- Opta Analyst — Balogun star, le statement de Pochettino
- ESPN — Balogun mène la démonstration américaine
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