Groupe I · Coupe du Monde 2026
Quarante ans après 1986
C’est l’une des histoires les plus folles de ce Mondial. L’Irak retrouve la Coupe du Monde quarante ans après sa seule et unique participation, en 1986 au Mexique (trois dĂ©faites Ă l’Ă©poque). Et le symbole est saisissant : les Lions de la MĂ©sopotamie ont dĂ©crochĂ© leur billet… de nouveau au Mexique, Ă Monterrey. Pour une nation marquĂ©e par des dĂ©cennies de guerres et de drames, voir l’Irak Ă la deuxième Coupe du Monde de son histoire relève presque de l’irrĂ©el.
Un parcours du combattant, au sens propre
La route fut un vĂ©ritable marathon. L’Irak a disputĂ© le plus grand nombre de matchs de toute la planète durant ces Ă©liminatoires (21). Après un barrage asiatique remportĂ© face aux Émirats arabes unis (sur un penalty Ă la 90e+17 au retour Ă Bassorah), il a fallu disputer le barrage intercontinental Ă Monterrey le 1er avril 2026. Face Ă la Bolivie, ce fut un scĂ©nario Ă suspense : ouverture du score rapide d’Ali Al-Hamadi, Ă©galisation concĂ©dĂ©e, puis but vainqueur d’Aymen Hussein et longue rĂ©sistance hĂ©roĂŻque. Score final : 2-1. L’Irak devenait la 48e et dernière nation qualifiĂ©e — et Aymen Hussein inscrivait, au passage, le tout dernier but de la campagne mondiale de qualification.
Le contexte rendait l’exploit encore plus lourd. Ă€ cause des tensions au Moyen-Orient, l’espace aĂ©rien irakien a Ă©tĂ© fermĂ©, compliquant Ă©normĂ©ment le voyage de la sĂ©lection vers le Mexique, et bloquant un temps plusieurs joueurs au pays. Le sĂ©lectionneur Graham Arnold avait mĂŞme demandĂ© un report. ArrivĂ©s Ă Monterrey avec une charge mentale colossale, les Irakiens ont tenu bon.
Arnold, l’Australien qui a tout misĂ© sur l’Irak
Le technicien Graham Arnold (ancien sĂ©lectionneur de l’Australie) a rĂ©alisĂ© un travail d’immersion total : il a vĂ©cu huit des dix derniers mois Ă Bagdad pour s’imprĂ©gner de la culture locale. Son bilan : 8 victoires, 3 dĂ©faites et 2 nuls en 13 matchs. Sur le terrain, l’Irak n’est pas un ogre, mais une Ă©quipe terriblement rĂ©siliente, bâtie sur un bloc compact et une foi collective inĂ©branlable — plus de la moitiĂ© de l’effectif Ă©volue d’ailleurs dans le championnat irakien. Les visages connus Ă l’Ă©tranger : l’attaquant Ali Al-Hamadi (Ipswich Town), et le milieu Zidane Iqbal (Utrecht, nĂ© en Angleterre, passĂ© par les jeunes de Manchester United).
Le Groupe I : jouer crânement sa chance
Le calendrier officiel CDM 2026, figé depuis le tirage du 5 décembre 2025 (horaires en heure française) :
• Mercredi 17 juin (0h, Boston) — Norvège : un baptĂŞme face Ă Haaland pour l’entrĂ©e en lice. Il faudra verrouiller d’entrĂ©e.
• Lundi 22 juin (23h, Philadelphie) — France : le choc face au n°1 mondial. Première confrontation de l’histoire entre les deux nations. « Est-ce que je peux leur emprunter juste un joueur ? », a plaisantĂ© Arnold Ă propos de la profondeur des Bleus.
• Vendredi 26 juin (21h, Toronto) — Sénégal : le match le plus « jouable », et probablement le seul espoir réel de grappiller des points dans ce groupe relevé.
Soyons lucides : l’Irak part dernier de ce groupe sur le papier, face Ă trois sĂ©lections d’un calibre supĂ©rieur. Mais Arnold a promis de « surprendre le monde entier ». Pour une nation qui a dĂ©jĂ gagnĂ© son plus grand combat en se qualifiant malgrĂ© tout, chaque point arrachĂ© serait une victoire en soi. Le simple fait d’ĂŞtre lĂ , 40 ans après, raconte dĂ©jĂ une histoire immense.
Et toi, tu y crois Ă l’Irak ? Exploit retentissant pour les Lions de la MĂ©sopotamie comme promis par Arnold, ou trois dĂ©faites mais une fiertĂ© immense d’avoir retrouvĂ© le Mondial après 40 ans ?
📚 Sources
- France 24 — L’Irak bat la Bolivie 2-1, dernier qualifiĂ© (01/04/2026)
- Maxifoot — Un retour chargĂ© d’histoire (40 ans, contexte) (02/04/2026)
- Sofascore — Le guide Irak (Arnold, Al-Hamadi, Iqbal) (avril 2026)
- franceinfo — Le contexte de guerre et la demande de report (mars 2026)
- Soccerway — Le barrage asiatique face aux Émirats
- DAZN — Calendrier complet CDM 2026