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Sur le papier, c’Ă©tait l’affiche reine de la poule C. Dans les faits, ce fut surtout une grosse alerte pour le BrĂ©sil et une confirmation Ă©clatante pour le Maroc. Score nul, 1-1, mais physionomie trompeuse : la Seleção de Carlo Ancelotti a tremblĂ©, montrĂ© ses limites, et n’a dĂ» qu’Ă un Ă©clair de Vinicius Junior de ne pas sombrer. Les Lions de l’Atlas, eux, ont prouvĂ© que leur Ă©popĂ©e de 2022 n’avait rien d’un accident. Et au cĹ“ur du problème brĂ©silien, un secteur qui a pris l’eau toute la première pĂ©riode : le milieu de terrain.
Le match : le Maroc fait jeu Ă©gal, le BrĂ©sil s’en sort
Le ton a Ă©tĂ© donnĂ© très tĂ´t. Ă€ la 21ᵉ minute, Ismael Saibari, le milieu offensif du PSV, a profitĂ© d’un entrejeu brĂ©silien aux abois pour ouvrir le score et faire taire les supporters de la Seleção venus en nombre au MetLife. Un but logique tant le Maroc, par sa vitesse et son mouvement, posait des problèmes. Il a fallu un coup de gĂ©nie pour remettre le BrĂ©sil Ă flot : Ă la 32ᵉ, sur une combinaison initiĂ©e par Bruno GuimarĂŁes, Vinicius Junior a conclu d’une finition somptueuse (1-1). Soulagement, mais pas domination.
Au retour des vestiaires, et après deux changements forcĂ©s d’Ancelotti, le BrĂ©sil a enfin pris l’ascendant et poussĂ© pour la victoire. Mais il s’est heurtĂ© Ă un mur vert et rouge : Bono, impĂ©rial, a sorti trois arrĂŞts dĂ©cisifs, la dĂ©fense marocaine a serrĂ© les rangs, et la Seleção a butĂ© sur son Ă©ternel problème du soir — le manque de tranchant dans le dernier geste. Au coup de sifflet final, un 1-1 qui ressemble Ă une petite victoire pour le Maroc, et Ă un sĂ©rieux avertissement pour le BrĂ©sil.
Le focus : le milieu brésilien à la rue, Casemiro dépassé
C’est le sujet qui a crevĂ© l’Ă©cran, et il a un nom : l’entrejeu de la Seleção a couru après le ballon toute la première pĂ©riode. Le coupable le plus visible ? Casemiro. Ă€ 34 ans, le milieu n’a plus la vitesse de rĂ©cupĂ©ration qui faisait de lui un mur Ă l’Ă©poque du Real Madrid. Incapable de couvrir seul les grands espaces, dĂ©bordĂ© par le mouvement marocain, il a Ă©tĂ© averti dès la 37ᵉ — et un rĂ©cupĂ©rateur dĂ©jĂ sur courant alternatif, c’est une bombe Ă retardement. Ancelotti l’a bien compris : il l’a sorti Ă la pause (entrĂ©e de Fabinho), en mĂŞme temps qu’il bricolait sa dĂ©fense. La presse brĂ©silienne, impitoyable, lui a collĂ© un 4 sur 10. SĂ©vère ? Ă€ peine.
Mais rĂ©duire le problème Ă un seul homme serait injuste, et faux. Le vrai souci, c’est la structure : les distances entre les milieux brĂ©siliens Ă©taient bien trop grandes, et le Maroc s’est rĂ©galĂ© Ă traverser ces couloirs ouverts d’une simple passe vers l’avant. La ligne de rĂ©cupĂ©ration sautĂ©e, la dĂ©fense exposĂ©e encore et encore : voilĂ le scĂ©nario qui a hantĂ© Ancelotti pendant 45 minutes. En face, la vitesse d’exĂ©cution marocaine a fait des ravages — et je ne peux pas m’empĂŞcher de saluer un visage que vous connaissez : notre pĂ©pite Ayyoub Bouaddi, le mĂ´me de Lille, a tenu de longues sĂ©quences au milieu face aux stars brĂ©siliennes avec un culot et une maturitĂ© bluffants. Le contraste avec Casemiro Ă©tait saisissant : la jeunesse et le mouvement d’un cĂ´tĂ©, l’usure de l’autre.

Ă€ 34 ans, Casemiro n’a plus les jambes pour verrouiller seul un entrejeu — et le Maroc, lui, a couru tout le match. Ancelotti tient dĂ©jĂ son plus gros chantier.Cyssou, sur le milieu de la Seleção
C’est le casse-tĂŞte numĂ©ro un d’Ancelotti pour la suite : comment protĂ©ger sa dĂ©fense sans sacrifier sa crĂ©ativitĂ© ? Continuer avec un Casemiro qui rassure par l’expĂ©rience mais inquiète par les jambes, ou oser la jeunesse au risque de perdre en sĂ©rĂ©nitĂ© ? Le BrĂ©sil a les individualitĂ©s pour gagner ce Mondial — Vinicius l’a rappelĂ© d’un geste —, mais une Ă©quipe qui se fait balader au milieu par le Maroc se fera punir par de plus gros clients. Le chantier est ouvert.
Et le Maroc, lui, confirme
De l’autre cĂ´tĂ©, ce match a la saveur d’une validation. On a longtemps voulu croire que la demi-finale marocaine de 2022 Ă©tait un conte de fĂ©es sans lendemain. Eh bien non : trois ans et demi plus tard, les Lions de l’Atlas tiennent tĂŞte au BrĂ©sil sans complexe, avec les mĂŞmes ingrĂ©dients — un bloc solide, un gardien d’exception en Bono, de la vitesse Ă revendre, et dĂ©sormais une nouvelle gĂ©nĂ©ration qui pousse (Saibari buteur, Bouaddi et El Khannouss en relais). Ce n’est plus une surprise, c’est une identitĂ©. Le Maroc est installĂ© parmi les nations qui comptent, et il vient de le prouver contre l’une des plus grandes.
Ce que ça dit pour la suite
Le classement du groupe C a de quoi surprendre : grâce Ă sa victoire face Ă HaĂŻti, c’est l’Écosse qui prend la tĂŞte, le BrĂ©sil et le Maroc se contentant d’un point et de la deuxième place Ă la diffĂ©rence de buts. Autant dire que la Seleção n’a pas le droit de retomber dans ses travers — et qu’elle a, dès maintenant, un vrai sujet Ă rĂ©gler au milieu. Le Maroc, lui, peut aborder la suite avec une confiance Ă©norme : s’il joue chaque match avec ce visage-lĂ , il ira loin. Une chose est sĂ»re, ce 1-1 a livrĂ© bien plus d’enseignements qu’un rĂ©sultat anodin. Et la plupart concernent le BrĂ©sil.
Ă€ toi de jouer
Ancelotti doit-il enfin lâcher Casemiro et oser la jeunesse au milieu ? Et toi, tu sens ce Maroc capable de rééditer — voire dépasser — son exploit de 2022 ? Dis-moi tout en commentaire.
📚 Sources
- Sky Sports — Vinicius sauve un Brésil tenu en échec
- Goal — les notes : le cauchemar de Casemiro au milieu
- Foot Mercato — Brésil-Maroc, les notes du match
- Eurosport — Maroc et Brésil se quittent sur un nul de haut niveau
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