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Tottenham à Leeds : le club qui a soulevé la Ligue Europa peut quasi se sauver ce soir

Tottenham reçoit Leeds ce lundi soir. Avec un point d’avance sur West Ham (battu hier par Arsenal), une victoire propulserait quasi définitivement les Spurs hors de la zone rouge. Un an après avoir soulevé la Ligue Europa. Le contraste.

Si quelqu’un t’avait dit, en mai 2025 quand Tottenham soulevait sa Ligue Europa face à Manchester United à Bilbao, qu’un an plus tard exactement les Spurs joueraient leur survie en Premier League contre Leeds… t’aurais ri au nez de la personne. Pourtant c’est exactement ce qui se passe ce soir, 20h GMT au Tottenham Hotspur Stadium. Bienvenue dans la saison la plus déroutante de l’histoire récente du club.

L’équation du soir : un match pour quasi se sauver

Soyons clairs sur la situation. Tottenham est 17e de Premier League à trois journées de la fin, avec un point d’avance sur West Ham (18e, premier relégable). Bonne nouvelle pour les Spurs : West Ham a été battu hier au London Stadium par Arsenal (0-1, but de Trossard à la 83e), et n’a donc pas réussi à repasser devant.

Voilà l’équation pour ce soir :

  • Une victoire des Spurs contre Leeds, et ils prennent 4 points d’avance sur West Ham à 2 journées de la fin. Maintien quasi acquis, sauf scénario catastrophe.
  • Un nul ou une défaite, et ils restent au-dessus d’un fil tendu, avec West Ham qui peut frapper la semaine prochaine.

Petit twist savoureux que beaucoup ont raté : le but égalisateur de West Ham à la 90+ hier a été annulé après contrôle VAR pour une faute sur David Raya, le gardien d’Arsenal. Tottenham doit donc une partie de sa sérénité de ce soir à… un arbitrage favorable au profit de son grand rival du nord de Londres. Le foot a parfois ces ironies-là.

Comment Tottenham en est-il arrivé là ? Le naufrage d’une saison entière

Là on touche au vrai sujet de cet article. Comment un club qui a gagné un trophée européen en mai 2025 se retrouve avec le pire bilan à domicile de la Premier League cette saison (2 victoires en 19 matchs, à égalité avec Burnley qui est relégué) ? Reprenons l’histoire de cette saison :

1. Postecoglou viré, Thomas Frank installé pour du long terme

Première décision lourde : avant même le début de la saison, Daniel Levy vire Postecoglou (le héros de la Ligue Europa, ironie totale) et nomme Thomas Frank en juin 2025, avec un contrat de 3 ans. Le Danois, ex-Brentford, est le profil « vrai projet » : tactique moderne, identité claire, capacité à structurer un club sur la durée. Sur le papier, c’est exactement ce dont Tottenham avait besoin.

Sauf qu’en parallèle, Levy lui-même démissionne le 4 septembre 2025 après 25 ans de présidence. Le projet sportif perd son architecte institutionnel dès la rentrée. Et au même moment, Son Heung-min quitte le club après dix ans pour rejoindre Los Angeles FC. La triple onde de choc.

2. Frank viré, le coup de couteau dans le projet

Le 11 février 2026, après seulement 8 mois sur le banc, Frank est limogé. Les Spurs sont 16e après une défaite 2-1 à domicile face à Newcastle, et le ratio 1,12 point/match (la pire moyenne pour un coach Spurs ayant fait au moins 5 matchs en PL dans l’histoire récente) ne pardonne pas. Mais virer Frank à ce moment-là, c’est aussi détruire le seul projet long terme qui avait été construit cette saison. Le club venait de poser une pierre, il la jette en cours de chantier.

3. L’intérim Tudor : 44 jours de chaos

Cinq jours après le départ de Frank, Igor Tudor débarque le 17 février. Le Croate, ex-Lazio et OM, a la réputation d’un dépanneur d’urgence. Sauf qu’à Tottenham, il signe le pire ratio coach de l’histoire récente du club : 0,2 point par match. Une victoire, un nul, cinq défaites en 7 matchs. Tudor n’était objectivement pas la solution durable. C’était un pansement, et il a craqué en 44 jours.

4. De Zerbi : le sauveteur in extremis

Le 31 mars 2026, le club annonce Roberto De Zerbi pour un contrat de 5 ans. L’Italien, fraîchement licencié de l’OM, est un vrai projet de coach offensif moderne. Mais il arrive avec 7 matchs à jouer pour sauver le club. Du sauvetage pur, pas de la construction. Et il prend une équipe 17e, avec une dynamique catastrophique (aucune victoire en championnat depuis le début 2026).

Trois coachs en une saison. Dont un projet long terme cassé en plein vol pour un intérim raté. Voilà comment on se retrouve à jouer le maintien quand on est censé être un Big Six.

L’infirmerie de l’apocalypse

Comme si ça suffisait pas, l’autre énorme problème de Tottenham, c’est son infirmerie. Pour ce soir, les Spurs sont privés de : Romero (titulaire défensif), Davies (rotation défense), Xavi Simons et Kudus (ailiers titulaires), Odobert, Solanke (attaquant), Kulusevski (long terme), Bentancur et Richarlison (touchés le week-end dernier), et Vicario incertain (gardien numéro 1). Neuf cadres absents ou incertains. Pour un match qui peut sauver la saison. C’est dingue.

Ça veut dire que ce soir, on devrait voir un onze avec Tel et Kolo Muani sur les ailes (3 buts en PL chacun, on est loin du standing offensif des Spurs sous ses bons jours), Gallagher en meneur, et probablement un onze patchwork qui ne ressemble pas à ce qu’on connaît du club.

De Zerbi : le sauveur sous pression

Malgré le chaos hérité, De Zerbi a quand même remis le club sur les rails. Une analyse rapide des derniers résultats :

  • Défaite 0-3 à Nottingham
  • Défaite 1-0 à Sunderland (son premier match)
  • Match nul 2-2 contre Brighton (but encaissé au bout du temps additionnel, l’ironie suprême face à son ancien club)
  • Victoire 1-0 à Wolverhampton
  • Victoire 2-1 à Aston Villa

Trois matchs sans défaite, deux victoires consécutives à l’extérieur sur des terrains piégeux. Les principes tactiques de De Zerbi (construction depuis la défense, pressing intelligent, jeu sans ballon agressif) commencent à infuser. L’Italien est connu pour avoir ce don : récupérer des équipes en dérive et leur réinjecter une identité claire. Mais 7 matchs pour transformer un naufrage en sauvetage, c’est très court. Il faut maintenant convertir.

Kolo Muani : l’autre enjeu de la soirée

Petit aparté pour ceux qui suivent les Bleus. Randal Kolo Muani joue ce soir avec un objectif personnel précis : se montrer en vue de la liste des 26 que Didier Deschamps doit annoncer jeudi prochain pour la Coupe du Monde 2026 qui démarre le 11 juin. Avec seulement 1 but en Premier League cette saison sous le maillot des Spurs, il n’est clairement pas en position de force pour décrocher sa place. Un grand match ce soir, sur un terrain à enjeu, peut tout changer dans la tête du sélectionneur.

L’attaquant français, qui a connu un parcours sinueux entre Francfort, le PSG (où il a joué très peu) et désormais Tottenham, sait que cette fin de saison est probablement sa dernière vraie fenêtre pour s’imposer auprès des Bleus. Œil sur lui ce soir.

Leeds : l’invité piège qui ne joue plus vraiment rien

En face, Leeds arrive avec 7 points d’avance sur la zone rouge à la 14e place. Mathématiquement, ils peuvent encore descendre, mais réalistiquement, leur maintien est quasi acquis. Une victoire ce soir le scellerait définitivement.

Leeds, c’est l’équipe qui s’est invitée au top niveau anglais cette saison après sa montée, et qui a tenu bon contre toute attente. Invaincus sur leurs six derniers matchs de Premier League, ils arrivent en confiance. Daniel Farke a fait un boulot remarquable avec un effectif modeste : Calvert-Lewin (12 buts), Okafor (8 buts, en feu sur les 5 derniers matchs avec 4 buts), une vraie identité collective.

Mais le talon d’Achille de Leeds, c’est l’extérieur : seulement 2 victoires en 17 matchs hors de chez eux cette saison, et la 5e plus mauvaise défense de Premier League (52 buts encaissés). Tottenham, malgré son infirmerie, a des arguments à faire valoir à domicile.

Mon pronostic : Spurs 2-1, sans certitude

J’y crois pour Tottenham ce soir. 2-1. Une victoire arrachée, dans la difficulté, parce que le contexte (Stadium, point d’avance à protéger, retour confiance post-Aston Villa) joue pour eux. Mais avec leur infirmerie, c’est pas du gâteau.

Buteurs possibles : Gallagher (qui a trouvé la mire la semaine dernière), Tel (qui peut décanter sur une transition), ou un Kolo Muani qui voudrait absolument se montrer pour Deschamps.

Le scénario du nul me semble également plausible (cote 1,77 sur les bookmakers, c’est pas pour rien). Mais l’urgence des Spurs devrait l’emporter sur la qualité de Leeds en déplacement.

Et après ? La vraie question : que devient ce Tottenham ?

Au-delà du match, c’est tout le projet Spurs qui interroge. Sans Levy, avec De Zerbi sous contrat 5 ans (à voir s’il s’inscrit dans la durée ou s’il fait comme Frank), avec un effectif à reconstruire (Son parti, beaucoup de blessés chroniques)… Tottenham version 2026-27 doit redéfinir son cap.

Tottenham reste un grand club d’Europe (jamais relégué depuis la création de la Premier League en 1992, je le rappelle au passage). Mais quand un club commence à flirter avec la zone rouge un an après avoir gagné l’Europa, c’est un signal d’alarme institutionnel.

Et toi, tu en penses quoi ?

Tu vois Tottenham faire le job ce soir, ou Leeds va saboter la fête ? Et la grande question : est-ce que De Zerbi est le bon homme pour relancer ce club, ou faut-il déjà commencer à craindre une 4e éviction ? Balance ton avis en commentaire. ⚽