C’est la seule équipe asiatique de l’histoire à avoir disputé une demi-finale de Coupe du Monde. Une seule fois, en 2002, sur ses terres. Mais cette saga a tellement marqué le foot mondial qu’elle plane encore aujourd’hui sur chaque retour de la Corée du Sud sur la scène mondiale. Onzième participation pour les Guerriers Taeguk en 2026, dans un groupe ouvert avec le Mexique, l’Afrique du Sud et la Tchéquie. Et toujours cette question : l’épopée Hiddink était-elle un accident historique ou le potentiel sommeillant d’une nation foot ?
La Corée du Sud et la Coupe du Monde : 11 participations, une saga mythique
L’histoire commence relativement tôt : la Corée du Sud est affiliée à la FIFA dès 1948, l’année même de la constitution des États de Corée du Nord et du Sud. Premier match officiel face à Hong Kong la même année. Le foot s’installe vite comme l’un des sports populaires du pays.
Mais la sélection met du temps à exister sur la scène mondiale. Première participation à une Coupe du Monde en 1954, en Suisse, et puis… plus rien pendant 32 ans. Il faut attendre 1986 au Mexique pour le retour des Sud-Coréens dans une phase finale. Et à partir de là, qualification après qualification : Italia 90, USA 94, France 98, et la grande aventure.
Corée/Japon 2002 — l’épopée Hiddink
La sélection est confiée en novembre 2000 au néerlandais Guus Hiddink, demi-finaliste de France 98 avec les Pays-Bas. Sa mission affichée : passer le premier tour. Avant le Mondial, la presse le décrie pour ses choix tactiques et son rythme de vie. Mais Hiddink tient bon, impose discipline tactique, force physique, mentalité de combattants. Et le tournoi explose.
Premier match : 2-0 face à la Pologne. Doublé Yoo Sang-chul / Hwang Sun-hong. Confirmation : 1-1 face aux États-Unis. Et là, le chef-d’œuvre : 1-0 face au Portugal de Figo, but de Park Ji-sung. La Corée du Sud finit première de son groupe avec 7 points, devant les Américains.
Huitième de finale contre l’Italie. Ouverture du score Vieri, égalisation Seol à la 88e, prolongation, but en or d’Ahn Jung-hwan. La Squadra Azzurra est éliminée par les hôtes. Le président du club italien de Pérouse, Luciano Gaucci, résilie immédiatement le contrat de prêt d’Ahn avec une phrase devenue mythique : « Je n’ai nullement l’intention de donner un salaire à un joueur qui a ruiné le football italien. »
Quart de finale face à l’Espagne. 0-0 après prolongation. Lee Woon-jae arrête le penalty de Joaquin. Hong Myung-bo transforme le tir au but de la victoire. La Corée du Sud devient la première équipe asiatique de l’histoire à atteindre les demi-finales d’une Coupe du Monde. Pour leur sixième participation, ils accèdent à un sommet inégalé. Les médias espagnols crieront au scandale d’arbitrage, Iván Helguera parlera de « vol ». Mais la qualification est là.
Demi-finale contre l’Allemagne à Séoul. 0-1, but de Michael Ballack à la 75e. Le rêve s’arrête. Match pour la troisième place perdu 3-2 face à la Turquie (record du but le plus rapide en CDM par Hakan Sükür après 10,8 secondes). Mais l’épopée reste.
Et depuis ?
Depuis 2002, 5 autres participations (2006, 2010, 2014, 2018, 2022). Quelques exploits ponctuels : victoire 2-0 face à l’Allemagne en 2018 qui élimine les champions du monde, qualif pour les 8es en 2010 (perdus face à l’Uruguay), même chose en 2022 (perdus face au Brésil). Mais aucun retour aux sommets de 2002.
Au total : 11 participations à la CDM (en comptant 2026), avec ce seul accident sublime qu’a été le demi-final de 2002. Aucune Coupe d’Asie remportée depuis 1960 (deux titres, en 1956 et 1960 — preuve d’un déclin progressif sur le continent). Mais la Corée reste, structurellement, la nation foot la plus respectée d’Asie.
Le contexte 2026 : Heung-min Son, dernière danse ?
Cette Coupe du Monde sera probablement la dernière de Heung-min Son. À 33 ans, l’attaquant emblématique des Spurs (devenu joueur du Los Angeles FC depuis septembre 2025) approche du crépuscule de sa carrière internationale. Son a déjà vécu deux Coupes du Monde (2018, 2022), il a porté l’équipe nationale pendant plus d’une décennie. 2026, c’est probablement sa dernière fenêtre pour briller au plus haut niveau international, dans un pays qu’il connaît bien depuis son passage prolongé en MLS.
Côté banc : la fédération a cherché longtemps avant de stabiliser le poste. La sélection est aujourd’hui sous la responsabilité d’un staff renouvelé, avec un projet structurant autour de jeunes pépites comme Kang-in Lee (PSG), titre que Son devra finir par transmettre.
Le 11 juin, jour de l’ouverture du Mondial, la Corée du Sud aura le luxe d’observer Mexique-Afrique du Sud comme spectateur. Leur premier match est le 12 juin à 04h heure française (20h heure locale le 11 juin à Guadalajara), face à la Tchéquie. Pour le téléspectateur français, c’est donc en pleine nuit qu’il faudra mettre le réveil… ou regarder le replay à 7h. Un duel ouvert, entre deux nations qui ont chacune connu leur jour de gloire (la Tchécoslovaquie en finale en 1962, la Corée en demie 2002). Voilà un choc qui mérite la curiosité.
Et toi, tu y crois pour la Corée du Sud en 2026 ?
Tu vois Son emmener une dernière fois les Guerriers Taeguk loin dans le tournoi, ou tu pars sur une élimination en poule comme c’est arrivé en 2014 et 2018 ? Et la grande question : tu mets le réveil à 04h pour Corée du Sud-Tchéquie ? Balance ton avis en commentaire. ⚽