Coupe du Monde 2026

🏴󠁧󠁢󠁳󠁣󠁴󠁿 Écosse — La Tartan Army revient enfin, 28 ans après

28 ans après sa dernière Coupe du Monde (1998), l'Écosse revient grâce à un retourné acrobatique de Scott McTominay le 18 novembre 2025 contre le Danemark. Le milieu de Naples termine 18e du Ballon d'Or, premier Écossais nominé depuis 1987. Mais la préparation est cauchemardesque : deux défaites contre Japon et Côte d'Ivoire.

Cyssou de Foot Vertical Rédaction · Foot Vertical
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🏴󠁧󠁢󠁳󠁣󠁴󠁿 Écosse — La Tartan Army revient enfin, 28 ans après

Groupe C · Coupe du Monde 2026


18 novembre 2025, Hampden Park : le retourné qui a changé une nation

3e minute. Écosse-Danemark, dernier match du groupe C des qualifs européennes. Hampden Park plein à craquer, foule survoltée, Scott McTominay se lève à l’entrée de la surface, prend l’élan, et claque un retourné acrobatique magistral qui finit dans la lucarne.

1-0 Écosse.

À la fin de la rencontre : 4-2. La Tartan Army hurle. Steve Clarke pleure. L’Écosse retourne à la Coupe du Monde pour la première fois depuis 1998. Vingt-huit ans d’attente, de barrages perdus, d’éliminations cruelles, de « presque ». Et puis ce but.

« Scott McTominay a marqué le plus beau retourné acrobatique que j’aie jamais vu », dira Steve Clarke à la BBC. Parce qu’il y aura aussi le coup franc enroulé de Kieran Tierney dans le temps additionnel (3-2), puis le lob magistral de Kenny McLean depuis la ligne médiane sur le coup de sifflet final (4-2). Une soirée d’anthologie.

Mais ce n’était pas n’importe quel but d’ouverture. C’était le but d’un milieu de terrain qui, deux mois plus tôt, terminait 18e du Ballon d’Or — devant João Neves (19e) et Lautaro Martinez (20e), juste derrière Robert Lewandowski (17e).

L’Écosse est de retour. Et elle revient avec une signature.

L’année 2025 de Scott McTominay, ou comment renaître quand personne ne vous attend

Voilà l’histoire la plus folle du football européen 2025. Scott McTominay, formé à Manchester United, 20 ans au club, n’a jamais vraiment réussi à s’imposer comme titulaire indiscuté à Old Trafford. Erik ten Hag le pousse vers la sortie à l’été 2024. Naples le récupère pour 25,7 millions d’euros. Antonio Conte en fait sa pierre angulaire dans un 4-3-3 aux côtés d’Anguissa, Lobotka et de son compatriote Billy Gilmour.

Le résultat ? 13 buts toutes compétitions en 36 matchs (dont 12 en Serie A). Scudetto 2024-25 avec Naples (4e titre de l’histoire du club). Meilleur joueur de Serie A. Premier Écossais nominé au Ballon d’Or depuis Ally McCoist en 1987. 18e du classement final. Denis Law (vainqueur en 1964) reste le seul Écossais à avoir gagné le trophée — mais McTominay vient d’écrire la deuxième page la plus glorieuse du foot écossais individuel depuis Kenny Dalglish (2e en 1983).

Conte n’a pas mâché ses mots : « Tout le monde parle maintenant de Højlund et McTominay… mais ils ne jouaient pas à Manchester United. Il doit bien y avoir une raison, non ? »

Pour l’Écosse, c’est plus qu’un joueur. C’est un projet. McTominay porte cette sélection comme aucun Écossais ne l’a portée depuis vingt ans.

Steve Clarke, l’architecte d’une renaissance

À 62 ans, Steve Clarke est sélectionneur de l’Écosse depuis 2019 — soit sept ans, 61 matchs officiels, 32 victoires, 10 nuls, 19 défaites (52% de victoires). Une longévité rare pour un sélectionneur britannique.

Avant lui, l’Écosse moderne, c’était une sélection traumatisée par les échecs : dernière CDM en 1998 (France), dernier Euro en 1996 (à part deux Euros récents — 2020 et 2024 — qualifiés tous deux sous Clarke). Le mythe de la Tartan Army ne s’était jamais éteint, mais l’équipe sur le terrain peinait à être à la hauteur de ses supporters, considérés comme parmi les plus colorés du monde.

Clarke a méthodiquement reconstruit l’équipe autour d’un 3-4-2-1 défensif et compact, modulable en 4-2-3-1 selon l’adversaire. Il a accepté de basculer le projet autour de McTominay décrocheur et a remis l’Écosse au cœur du foot britannique. Sa déclaration culte au moment de la qualification : « Nous viendrons en Amérique. Avec espoir et attente. »

Le problème : la préparation cauchemardesque

Là où ça se gâte, c’est l’actualité récente. À 30 jours du Mondial, la Tartan Army doute.

28 mars 2026 : défaite 0-1 à domicile contre le Japon en amical, but de Junya Ito à la 84e minute. Joueurs hués par une partie de Hampden Park au coup de sifflet final — quatre mois seulement après l’euphorie du Danemark.

31 mars 2026 : défaite 0-1 contre la Côte d’Ivoire au Hill Dickinson Stadium d’Everton, but de l’ancien Arsenal Nicolas Pépé dès la 12e minute. Performance encore plus inquiétante avec une équipe largement remaniée (neuf changements) qui n’a pas réussi à cadrer le moindre tir dangereux. Andrew Robertson y disputait sa 92e sélection, devenant le 2e joueur le plus capé de l’histoire écossaise, à 10 unités du record de Kenny Dalglish (102).

Le doute s’installe : Cette équipe est-elle prête à affronter le Brésil cet été ?

Et puis les problèmes au poste de gardien : Angus Gunn (Nottingham Forest, où il n’est que 3e choix derrière Matz Sels) en délicatesse avec sa forme, Craig Gordon (43 ans, Hearts) sur blessure par intermittence, Scott Bain (Falkirk, fraîchement promu en Premiership écossaise) rappelé après près de sept ans d’absence (dernière cape en 2018). Aucune solution évidente.

L’ossature : un milieu de classe, une défense fragile

Au-delà de McTominay, l’Écosse repose sur : Andrew Robertson (Liverpool), capitaine, latéral gauche à 32 ans, qui a annoncé en avril son départ de Liverpool en fin de saison après neuf années chez les Reds. Kieran Tierney (Celtic depuis l’été 2025, retour au pays après six saisons à Arsenal), polyvalent défense. John McGinn (Aston Villa), milieu créatif, deuxième joueur le plus important du collectif après McTominay. Billy Gilmour (Naples), milieu défensif intelligent, partenaire de McTominay en club ET en sélection. Kenny McLean (Norwich), métronome au milieu — auteur du 4e but vs Danemark, lob fou depuis la ligne médiane. Ché Adams (Torino), avant-centre principal, polyvalent.

Devant, gros chantier : Lawrence Shankland (Hearts) en concurrence avec Adams, Lewis Ferguson (Bologne) toujours convoité en milieu offensif. Lyndon Dykes en remplaçant. On attend surtout que la ligne offensive prenne consistance pendant le stage de préparation.

Profondeur d’effectif limitée. Si McTominay ou Robertson se blessent en début de tournoi, le projet vacille.

Le calendrier : trois pièges très différents

Le calendrier officiel CDM 2026, publié par la FIFA le 6 décembre 2025 au lendemain du tirage au sort, est désormais figé :

Match 1 — Haïti (14 juin, Foxborough/Boston) : entrée en lice contre l’adversaire le plus faible du groupe sur le papier, mais dangereux : Bellegarde, Isidor, Nazon. Match-piège classique pour une Écosse qui a tendance à laisser filer des points dans ces rencontres « à gagner ». Sur 90 minutes, c’est l’occasion idéale d’amorcer la qualification.

Match 2 — Maroc (20 juin, Philadelphie) : adversaire en pleine reconstruction sous Ouahbi, demi-finaliste sortant. Probablement le match-clé pour la qualification écossaise. Sur 90 minutes, c’est jouable.

Match 3 — Brésil (25 juin, Miami) : LE pic de difficulté absolue. Ancelotti vs Clarke, Vinícius vs Robertson, c’est un test face à un favori du tournoi, dans le dernier match de la phase de groupes.

Les trois scénarios écossais

Plancher : trois défaites, élimination logique. Catastrophique compte tenu de l’attente de la Tartan Army. Clarke probablement remercié.

Médiane probable : une victoire (contre Haïti ou le Maroc), un nul, une défaite, 3e du groupe. Qualification possible en 1/16 grâce au format à 48 (8 meilleurs 3es passent). Ce serait la médiane acceptable.

Plafond : 2e du groupe, qualification directe en 1/16. Un parcours à la Sénégal 2002 ou à la Corée 2002. Improbable, mais pas impossible si McTominay enchaîne les fulgurances.

Pour un pays qui n’a jamais passé le premier tour d’une CDM en 8 participations (1954, 1958, 1974, 1978, 1982, 1986, 1990, 1998), toute sortie des poules serait historique. Là, on parle d’écrire la première vraie page positive du foot écossais en Coupe du Monde.

Pourquoi ce Mondial compte autant

L’Écosse est l’un des deux pays les plus anciens du football mondial (premier match international officiel disputé contre l’Angleterre en 1872). Une histoire massive. Un palmarès vide. Une frustration accumulée sur trois générations.

McTominay ne s’est pas qualifié pour jouer le rôle de figurant. Il s’est qualifié pour gagner des matchs. C’est, peut-être, le récit le plus enthousiasmant de cette CDM côté outsiders : un milieu qui passe en un an de remplaçant à Manchester United à top 20 mondial, et qui débarque en Amérique avec une nation entière sur ses épaules.

Vingt-huit ans d’attente. Une équipe qui doute. Une star qui brille. Et un retourné acrobatique qui restera dans toutes les têtes écossaises pendant les vingt-huit prochaines années.

Et toi, tu vois l’Écosse jusqu’où ? Sortie de groupe historique grâce à McTominay, ou nouveau retour à la maison après trois matchs ?


📚 Sources

Cyssou de Foot Vertical Rédaction · Foot Vertical